Takashi Miike est reconnu aujourd'hui comme un réalisateur hors norme se laissant aller à tous les débordements. Les passionnés de cinéma asiatique sont souvent partagés quant à l'attention à porter à ce réalisateur. Que fait-il exactement, du gore, de la violence gratuite, du second degré ?
Pour les autres, les passionnés du genre, ils ont leur gourou !
Takashi Miike nait 24 août 1960 à OSAKA.
Il fait ses début à l'Academy of Broadcasting and Film de Yokohama sous la tutelle des grands réalisteurs, voir des plus grands, Shoei Imamura ou Hideo Onchi. Diplômé de l'académie, il se perfectionne pour devenir l'assistant réalisateur de de Shoei Imamura et d'Hideo Onchi. En 1991 avec Hit and Run, il se lance dans le monde de la réalisation.
Son premier grand film sera la réalisation des "Affranchis" en 1995 de Shinjuku, un policier noir assez violent. Il faut préciser, que le monde de la violence selon Takashi Miike reste un domaine dans lequel il pose un certain nombre de références.
Grâce à ce film, Takashi Miike va connaitre une vraie reconnaissance avec l'Association Japonaise des Producteurs de Films qui le proclame "Grande Découverte de l'année" et va suivre en 1996 le film "Graine de Yakuza" qui lui vaudra d'être parmis les 10 meilleurs films de l'année par Time Magazine.
En 1997, il passe à une réalisation moins soutenue au grand étonnement des spectateurs et des critiques avec "Chien Enragé". On trouvera dans ses réalisations ensuite, en 1999 le film "Audition" qui secoua les critiques par la violence des scènes, "Dead Or Alive", gros succès au Japon, en 2001, "Ichi The Killer", un film "étonnant" d'une violence rare, très rare même et la suite Dead of Alive 2 et 3 qui furent des succès.
Il est très prolifique, puisque ayant réalisé plus de 50 films en un peu plus de dix ans. Beaucoup de ses films peuvent être, à première vue, classés dans un genre spécifique (film de yakuza, de science-fiction, d'horreur, comédie…), mais ces classifications ne peuvent jamais prendre en compte l'intégralité du film tant le mélange des genres est fréquent chez Miike. Sa réalisation est très technique et riche en effets.
Il est principalement connu pour réaliser un cinéma où la violence comme le loufoque ou le fantastique surgissent hors des conventions et où de nombreux tabous sont transgressés, sans toute la mise en condition du spectateur qui a fréquemment lieu en ces circonstances.
Cette attitude décomplexée le fait ainsi apparaitre comme un cinéaste violent, déjanté et provocateur alors qu'il réalise aussi de nombreux films contemplatifs et poétiques tels que The Bird People in China ou La Mélodie du malheur.
Ceux-ci sont cependant moins remarqués par le public et les médias qui, conditionnés à voir (ou montrer) uniquement certaines violences abordées de manière stéréotypée, deviennent hypersensibles à des formes ou des modes de violence sortant des schémas convenus par la morale commune.
Le style de Miike est souvent considéré par ses détracteurs comme misogyne, bien que les personnages féminins de Miike conservent généralement le pouvoir, qu'elles utilisent pour renverser les principes établis du patriarcat japonais comme, par exemple, dans les films Audition et Visitor Q .
L'un de ses films les plus controversés est sans conteste l'ultra-violent Ichi the Killer , adapté du manga éponyme avec dans le rôle principal Tadanobu Asano en yakuza sado-masochiste. La violence extrême fut initialement employée pour promouvoir le film : pendant la première internationale au Toronto International Film Festival en 2001, le public reçut des sacs pour vomir incrustés du logo du film comme objet promotionnel (une scène de tuerie particulièrement extravagante met en scène un personnage qui tranche un homme en deux de la tête aux pieds, ainsi que le visage d'un autre homme, qui glisse le long d'un mur proche).
Cependant, la British Board of Film Classification refusa d'autoriser la sortie du film non-censuré en Grande-Bretagne, eut égard du niveau intense de violence sexuelle envers les femmes. Plusieurs personnes considérèrent cette décision comme incohérente car elle avait autorisé le film Irréversible, qui contient une scène de viol de neuf minutes, particulièrement violente. À Hong Kong, 15 minutes du film furent coupées. Aux États-Unis, le film fut projeté non-censuré (bien que la MPAA le classa Unrated). Un DVD non-censuré sorti au Benelux.
En 2005, Miike fut invité à réaliser un épisode la série d'anthologie Masters of Horror. La série, qui contient des épisodes réalisés par nombre de grands noms du cinéma d'horreur tels que John Carpenter, Tobe Hooper ou Dario Argento, était censé laisser aux réalisateurs une relative liberté créative et des restrictions minimes concernant le contenu violent ou sexuel (certaines scènes violentes furent modifiées, comme dans l'épisode Jenifer réalisé par Dario Argento). Cependant, quand la chaîne câblée Showtime obtint les droits sur la série, l'épisode réalisé par Miike La Maison des sévices (titre original : Imprint) fut apparemment trop cru et dérangeant pour la chaîne. Showtime annula la diffusion de cet épisode, même après des négociations ; le film fut cependant retenu pour figurer sur le coffret DVD de la série. Mick Garris, créateur et producteur exécutif de la série, décrivit l'épisode comme « incroyable, mais difficile à regarder, même pour moi... c'est définitivement le film le plus troublant que j'ai jamais vu ».

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